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Écrit par Webmaster   
05-03-2009

L'Appareil Respiratoire Isolant à Circuit Ouvert (ARICO), appelé couramment "ARI" est un matériel utilisé afin de protéger le sapeur-pompier contres les fumées toxiques, le gaz, les produits toxiques, ... qu'il peut retrouver sur différentes interventions (incendies, fuites de gaz, fuites de produits chimiques, etc.). Il est constitué de divers éléments, l'ensemble représentant un certain poids pour le sapeur-pompier (plus de 10Kg). Nous allons découvrir ici l'ARICO en détails, utilisé au Centre d'Intervention de Saint-Symphorien sur Coise.

Les ARI utilisés sont des mono-bouteille 9L à 300 bars.

Le terme de "circuit ouvert" est utilisé du fait que l'air expiré par le sapeur-pompier n'est pas renouvelé et est chassé à l'extérieur. Le "circuit" de l'air n'est donc pas fermé et est ainsi ouvert. Des ARICF (ARI à circuit fermé) existent cependant. L'air est renouvelé, permettant une plus grande autonomie. Le port de ces appareils nécessite cependant une formation spéciale.

C'est un équipement qui se porte à dos d'homme et qui s'ajuste au moyens de 2 sangles d'épaules et 1 sangle ventrale. Voici une vue de l'ARI avec le masque en position d'attente :

Nous allons tout de suite vous détailler les divers éléments qui constituent l'ARI :

 

 

 

  • Le détendeur HP et la bouteille d'air :

     

La bouteille d'air est un élément majeur de l'ARI puisque c'est dans celle-ci qu'est stocké l'air que va respirer le sapeur-pompier. Les bouteilles utilisées au Centre d'Intervention sont de marque Matisec, ont une contenance en eau de 9L et sont "gonflées" à 300 bars une fois pleines. On a ainsi 9x300=2700L d'air dans la bouteille quand celle-ci est remplie. Cette quantité d'air permet une certaine autonomie au sapeur-pompier, celle-ci variant avec la consommation personnelle en air du sapeur-pompier.

La bouteille est ouverte grâce à un robinet, l'air sortant directement à la pression contenue dans la bouteille, c'est-à-dire à 300 bars quand celle-ci est pleine. On trouve sur la bouteille un petit manomètre qui indique la pression contenue dans la bouteille. Cette valeur n'est pas très précise et ne donne qu'une idée générale de la pression.

Elle est maintenue sur le dossard de l'ARI grâce à une sangle et est reliée à un détendeur HP (Haute Pression) par un vis.

Ce détendeur va "détendre" l'air, comme son nom l'indique, afin d'abaisser la pression de la bouteille (Haute Pression) à une pression appelée "moyenne pression" qui est de 6 à 7 bars pour l'envoyer ensuite à la soupape à la demande décrite ci-dessous, par l'intermédiaire d'un flexible.

On peut apercevoir 4 flexibles au total qui "partent" du détendeur HP. 3 sont regroupés mais seulement l'un d'eux transporte l'air à moyenne pression, celui qui est relié à la soupape à la demande. Les 2 autres flexibles sont reliés au manomètre et au sifflet (décrits ci-dessous), et sont alimentés en air à la pression contenue dans la bouteille.

Le 4ème flexible, fixé à l'opposé des 3 autres, est destiné à alimenter une cagoule de fuitepour une éventuelle victime afin de l'évacuer d'un sinistre tout en étant sous air respirable.

 

 

 

 

  • La pièce faciale :

La pièce facile, appelée plus communément "masque" est la partie de l'ARI qui va isoler le sapeur-pompier de l'environnement extérieur, empêchant les fumées, produits toxiques, ... de pénétrer dans les voies respiratoires du sapeur-pompier. 2 types de masques sont utilisés au Centre d'Intervention comme ceux présentés ci-dessous :

Chaque masque est équipé d'une visière panoramique, une soupape d'expiration permettant la sortie d'air lorsque le sapeur-pompier expire et d'une membrane phonique permettant au sapeur-pompier de communiquer avec l'extérieur. Sur le modèle de gauche, nous pouvons apercevoir la soupape d'expiration et la membrane phonique, intégrées dans un seul bloc sur le modèle de droite. L'orifice central reçoit la soupape à la demande (microrégulateur) permettant d'acheminer l'air jusqu'au sapeur-pompier.

On trouve à l'intérieur de chaque masque un demi-masque, partie noire qui englobe la bouhe et le nez du sapeur-pompier.

La mise en place du masque :

 

  1. Le sapeur-pompier doit tout d'abord quitter son casque et enlever la cagoule de sa tête. Il plaque le masque contre son visage et place le filet sur sa tête.
  2. Il ajuste ensuite le masque contre son visage en serrant des brides.
  3. Il vérifie l'étanchéité du masque : pour ceci, une technique consiste à placer la main contre l'orifice où viendra se placer la soupape à la demander afin de l'obstruer. Le sapeur-pompier inspire. Si le masque est bien étanche avec son visage, celui-ci se plaquera complètement contre son visage. S'il y a une fuite, le sapeur-pompier sentira de l'air passer.
  4. Il recouvre ensuite sa tête avec la cagoule et la fait déborder légèrement sur le masque.
  5. Il replace ensuite son casque et l'attache.
  6. Il peut enfin placer la soupage à la demande dans l'orifice dédié afin d'être alimenté en air.

 

  • La soupape à la demande :

 

 

La soupape à la demande appelée également "microrégulateur" est la pièce qui "régule" l'arrivée d'air dans le masque. Celle-ci vient s'encliqueter sur le masque et s'enclenche immédiatement. L'arrivée d'air se fait dès qu'il y a une dépression dans le masque, créée par l'inspiration du sapeur-pompier. Ce microrégulateur jour également un rôle de détendeur puisqu'il abaisse la pression de l'air arrivant à 6 ou 7 bars à une surpression de 1,5 à 3 millibars (pression atmosphérique + surpression de 1,5 à 3 millibars). Cette surpression permet ainsi d'avoir une surpression dans le masque évitant aux gaz toxiques, fumées, ... de pénétrer et ainsi d'être respirés par le sapeur-pompier.
 
 
 
 
Un bouton rouge permet d'envoyer de l'air instantanémentdès que le sapeur-pompier applique une pression dessus. Ceci lui permet donc de prendre une "bouffée " d'air en cas de stress, panique, ...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

  • Le sifflet :

 

Le sifflet est élément de sécuritéqui permet d'avertir le sapeur-pompier quand il n'y a presque plus d'air dans sa bouteille. Il est relié directement à la bouteille par un flexible en passant par le détendeur HP (pour rappel, le flexible relié au sifflet ne subit pas de modification de pression) et alimenté par la pression contenue dans celle-ci.

Il est conçu pour siffler dès que la pression dans la bouteille est inférieure à 50 bars environ.

Dès que le sifflet se met en fonction, le binôme de sapeurs-pompiers doit ressortir immédiatement de la zone à risque (gaz, fumées, ...).

Il est également testé à chaque utilisation de l'ARI avant de s'engager. Pour ceci, une action consiste à ouvrir le robinet de la bouteille doucement pour l'entendre siffler et ainsi s'assurer de son bon fonctionnement. démonstration en vidéo :

 

 

  • Le manomètre :

 

Le manomètre est l'élément qui indique en permanence la pression d'air contenue dans la bouteille. Ceci permet au sapeur-pompier de connaître en temps réel la quantité d'air restant. Il est relié directement, comme le sifflet, directement à la pression de la bouteille par un flexible.

L'écran est fluorescent ce qui pemet de voir la pression dans une zone sombre voir obscure.

 

 

  • La liaison personnelle :

La liaison personnelle est élément de sécurité qui permet au sapeur-pompier d'être constamment relié à l'extérieur, par l'intermédiaire d'une ligne guide, lui permettant de retrouver son chemin facilement.

La ligne guide est une longue corde mesurant de 50 à 60m. Elle est attachée à l'extérieur et est emportée par le binôme.

Les sapeurs-pompiers travaillant toujours en binôme (chaque binôme étant constitué d'un chef d'équipe et d'un équipier), la liaion personnelle estutilisé de la manière suivante : le chef d'équipe est relié par sa liaison personnelle directement à son équipier. L'équipier est quant à lui relié avec sa liaison personnelle à la ligne guide, qui est elle-même, rappelons-le, reliée à l'extérieur. Ceci forme ainsi un véritable "fil d'ariane".

 

Découvrez quelques détails sur la liaison personnelle :

  1. On peut noter que la liaison personnelle est composée de différents éléments : un enrouleur (de couleur verte est grise) dans lequel est enroulée une partie de la liaison personnelle ; un passant rouge permettant d'installer la liaison personnelle sur le ceinturon du sapeur-pompier et divers mousquetons et anneaux détaillés ci-dessous
  2. La laison personnelle peut être utilisée de 2 manières : courte ou longue. La laison courte est celle utilisée dans la majorité des cas, lorsque le chef d'équipe est relié à son équipier, lui-même relié à la ligne guide. Elle mesure 1,25m. La liaison longue est utilisée lorsque le chef d'équipe doit effectuer une reconnaissance dans une pièce sans son équipier ou lors de travaux sur place. Elle mesure quant à elle 6m (les 1,25m de liaisoncourte étant compris dedans). La liaison corte est constamment à l'extérieur de l'enrouleur. Le restant de la liaison personelle permettant d'avoir la liaison longue se trouvant à l'intérieur de l'enrouleur. Pour différencier les 2, un anneau de forme ovale en métal est installé à 1,25m de liaison personnelle, évitant ainsi à la liaison courte de s'enrouler dans l'enrouleur. Un mousqueton gros et rouge permet de "verrouiller" la liaison longue en étant accorché à cet anneau ovale.
  3. On aperçoit sur la photo la liaison courte avec à l'extrémité un pus petit mousqueton, qui permet au chef d'équipe de s'attacher à son équipier, et à ce dernier de s'attacher sur la ligne guide.
  4. Pour utiliser la liaison courte, le sapeu-pompier a juste à décrocher le mousqueton situé à l'extrémité et à le rattacher où il est nécessaire.
  5. Pour utiliser cette fois la liaison longue, le sapeur-pompier décroche le gros mousqueton de l'anneau ovale permettant de libérer la longueur contenue dans l'enrouleur pour arrivée à 6m en complétant les 1,25 de la liaison courte.
  6. On aperçoit ici le sapeur-pompier qui a déroulé une partie de la liaison longue.

Voici en vidéo les différentes utilisations possibles de la liaison personnelle :

 

  • La balise sonore :

La balise sonore est également un élément de sécurité. Elle est également appelée "l'homme mort". Elle est actionnée grâce à une clef . Cette balise détecte lorsqu'un sapeur-pompier n'est plus en mouvement (inconscient, coincé, ...). Au bout de 30 secondes d'immobilité, elle émet un signal sonore durant 15 secondes qui peut être stoppé par le sapeur-pompier en la secouant. Si au bout de ces 15 secondes de signal sonore aucun autre mouvement n'a été détecté, elle émetun signal d'alarme non acquitable. Seul la remise de la clef permet de stopper le signal sonore. Ce signe prévient les sapeurs-pompiers à l'extérieur et les éventuels autres binômes engagés qu'un binôme est en détresse.Tous les autres binômes doivent alors ressortir de la zone et une binôme de sécurité sera envoyé pour récupérer le binôme en difficulté.
 
Voici quelque explications complémentaires:
 
  1. La balise avec sa clef. La clef est la partie rectangulaire noire reliée à une plaque métallique par l'intermédiaire d'un anneau. Cette plaque métallique est conservée par un gradé contrôleur surlequel il inscrit le nom du sapeur-pompier porteur de l'ARI, sa pression d'entrée ainsi que l'heure de sortie prévue. La clef est donc conservée à l'extérieur et en cas de déclenchement de la balise sonore, celle-ci ne pourra être en conséquence qu'arrêtée une fois le binôme ressorti.
  2. Il suffit de presser la clef et de la décaler pour la retirer de la balise. Ceci met en fonction immédiate la balise. Le bon fonctionnement est contrôlé par des témoins lumineux qui clignotent en permanence et par des signaux sonores durant les premières secondes.
  3. La balise sans sa clef. Il est également possible de déclencher le signal de détresse en pressant le bouton noir durant quelque secondes.
     

 Voici une vidéo présentant la mise en fonction de la balise sonore et le déclenchement manuel du signal de détresse :

 

  • La corne d'appel :

La corne d'appel est un élément de sécurité également permettant d'émettre des signaux sonores suivants des codes de communications pé-établis. En effet, le binôme désigne des codes avec le gradé contrôleur restant à l'extérieur, afin de pouvoir communiquer par code entre le binôme à l'intérieur du local en feu par exemple et les sapeurs-pompiers situés à l'extérieur. Elle permet notamment d'indiquer si une victime a été trouvée, si le binôme est en danger, ... Une simple pression sur la poire permet d'émettre un bruit de "corne".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière mise à jour : ( 11-04-2009 )
 
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